Le financement d’une opération de marchand de biens via GwenneG
Armand Jousselin vous présente le financement d’une opération de marchand de biens sur la plateforme...
Lire la suite de Le financement d’une opération de marchand de biens via GwenneGLe 18 mai dernier, une campagne de financement participatif un peu particulière s’ouvrait sur GwenneG : celle des usagers du réseau Star, le réseau de bus et de métro de Rennes Métropole, invités à financer un projet d’énergies renouvelables pensé pour leur propre trajet quotidien. Résultat : 500 000 € collectés en moins de 24 heures, avant même l’ouverture de la campagne au grand public.
Pour comprendre comment est né ce projet inédit, les premières boucles d’autoconsommation photovoltaïque directement connectées à un réseau de métro en France, nous avons interrogé Pierre Moal, Directeur des opérations et responsable du pôle Photovoltaïque chez Energ’iV, la société d’économie mixte locale à l’origine du projet.
Je suis Pierre Moal, Directeur des opérations et responsable du pôle Photovoltaïque.
Energ’iV est développeur et exploitant de centrales de production d’électricité renouvelable. Le pôle photovoltaïque s’appuie sur plusieurs équipes spécialisées : les études, le développement, la construction, et l’exploitation. Aujourd’hui, nous comptons plus de 50 projets en développement ou en construction ainsi que 85 centrales en exploitation.
Au quotidien, J’accompagne les équipes à chaque étape du cycle de vie des projets.
Au sein de la direction, mon rôle est avant tout d’apporter une vision technique et opérationnelle dans la stratégie d’Energ’iV.
Ce projet est né en 2018, avec la création de la SEM Energ’iV par plusieurs acteurs de la transition énergétique : le SDE 35, Rennes Métropole et le Département d’Ille-et-Vilaine.
Rennes Métropole, en tant qu’actionnaire, menait en parallèle un gros travail de recensement de son patrimoine bâti, pour identifier les surfaces déjà artificialisées où implanter de la production d’énergies renouvelables. Le site de remisage du métro faisait partie du patrimoine à fort potentiel : de grandes surfaces disponibles, et une grosse consommation électrique puisque le métro fonctionne à l’électricité.
En 2018, on a été invités avec Rennes Métropole à visiter le site, avec Keolis, le délégataire de service public qui exploite le métro. C’est là qu’une équipe s’est formée entre Rennes Métropole, propriétaire, Keolis, exploitant, et Energ’iV, producteur d’énergies renouvelables.
Après le repérage du site, il a fallu monter juridiquement et contractuellement le lien entre ces trois acteurs. Les premières conventions ont été signées deux ans plus tard, en 2020, une étude assez lourde, car ce montage n’avait encore jamais été fait ailleurs.
Ont suivi près de quatre ans d’études de faisabilité : la puissance installable, la production attendue, l’adéquation avec les besoins de consommation, mais aussi des sujets plus techniques (la capacité des bâtiments à recevoir les panneaux, la compatibilité des matériaux de fixation, et le raccordement à un réseau aussi sensible que celui du métro, qui doit fonctionner tous les jours).
L’avant-projet a été livré en 2024. Ensuite, on est entrés dans la mise en place opérationnelle, pour faire converger l’ensemble des acteurs et concevoir une centrale compatible avec un service public qui ne peut pas s’arrêter.
En janvier 2026, on a passé les marchés de travaux. Aujourd’hui, on est en phase d’étude d’exécution : mesures, plans et commandes sur l’ouvrage.
Les premiers travaux de préparation du site ont démarré, notamment sur le parking qui accueillera une partie de la centrale. Le gros des travaux (supports de fixation, puis panneaux solaires) commencera en octobre, pour une mise en service prévue au premier semestre 2027.
La centrale photovoltaïque représente 1 062 kWc de puissance installée sur deux sites, pour une production attendue de 1 094 MWh par an (l’équivalent de la consommation électrique de 480 foyers).
Le métro consomme au total près de 14 GWh par an. La production photovoltaïque devrait donc représenter environ 7 % de cette consommation.
On mène beaucoup de projets avec les collectivités locales, notamment des couvertures de bâtiments publics, depuis 2018. Ce qui a vraiment changé, c’est le virage stratégique qu’on a pris en 2022-2023 : on souhaite que toutes les productions d’Energ’iV répondent à un besoin de consommation du territoire.
Aujourd’hui, sur tous nos projets photovoltaïques, on flèche la production vers des besoins de consommation en circuit court, parfois très restreint, comme pour le métro, où le propriétaire qui nous accueille est directement le consommateur. On a d’autres montages où le circuit court est plus étendu pour répondre à la consommation de plusieurs bâtiments à l’échelle d’une commune ou d’une communauté de commune.
En deux ans, on a mis en service 17 projets dont la production est directement consommée sur le territoire. C’est devenu l’ADN de nos projets.
Dès les premières réunions, quand on fixait les enjeux et le cahier des charges du projet, cette ambition était présente.
Ce projet est une vitrine entre mobilité électrique et approvisionnement local pour faire fonctionner ce service public. On voulait que cette plateforme pédagogique soit comprise, avec le plus de retombées possibles au niveau local. Le financement participatif nous a permis d’intéresser les habitants du territoire aux retombées économiques du projet, mais aussi de les investir dans la pédagogie qu’on souhaite déployer sur la mobilité décarbonée et les énergies renouvelables.
On voulait que le financement participatif ait un volume cohérent avec l’ambition du projet. On a donc fixé une enveloppe de 500 000 €, soit un tiers du budget global, pour avoir un volume suffisant et toucher un maximum de personnes.
On était très contents. Il y a eu énormément de satisfaction dans les équipes.
Notre enjeu, c’est de parler de transition énergétique au plus grand nombre. Voir autant de monde s’intéresser au sujet et se mobiliser aussi rapidement, ça nous a confirmé qu’on prenait la bonne décision en travaillant ainsi.
On avait déjà travaillé deux fois ensemble, sur les projets de Bruz Pont-Péan et de Guignen, des projets qui se sont très bien passés, avec une gestion parfaitement menée et un vrai climat de confiance.
Pour le projet à Rennes, nous étions acheteur public : il y a donc eu une procédure de sélection. Nos grandes volontés étaient d’avoir un impact local, et de travailler avec une plateforme prête à nous suivre sur la communication, notamment pour aller chercher les personnes qui ne sont pas à l’aise avec les outils en ligne.
Avec GwenneG, on a réussi à co-construire une façon de faire, avec des événements qui nous ont permis de toucher directement les gens, sans intermédiaire d’écran. C’est un critère qui a été fortement valorisé dans notre analyse, et sur lequel GwenneG cochait toutes les cases.
On souhaite l’implication des collectivités et des citoyens, et le financement participatif est une des formes que peut prendre cette participation.
On fait aussi d’autres choix selon les projets : par exemple, sur un projet de six centrales au sol avec des collectivités et des collectifs citoyens, on a préféré ouvrir le capital pour valoriser l’investissement participatif.
Quoi qu’il arrive, quand on bâtit un plan de financement, on regarde toujours la part qu’on peut donner aux épargnes citoyennes, pour permettre à chacun de s’engager dans la transition énergétique.
On est partis avec beaucoup d’ambitions, sur un développement relativement long, avec de nombreuses étapes. Mais on a su les identifier et les franchir une à une, sans grosse mauvaise surprise. Le financement participatif faisait partie de cette aventure : on souhaitait le mettre en place, on imaginait que ça allait marcher, et ça a marché très vite et très fort. C’est hyper encourageant.
Il ne nous reste plus qu’à finaliser le chantier et mettre en service la centrale. On aimerait aussi organiser une visite de chantier pour toutes les personnes qui ont participé à la levée de fonds, pour qu’elles voient concrètement comment leur argent a été investi. C’est quelque chose qui nous tient à cœur.
GwenneG accompagne les projets d’énergies renouvelables portés par les collectivités et les acteurs privés du Grand Ouest, en donnant aux citoyens les moyens d’investir directement dans la transition énergétique de leur territoire.
Contactez-nous si vous avez un projet à faire financer.
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L’investissement en capital et en obligation dans des sociétés non cotées comporte des risques de perte partielle ou totale du capital investi, des risques d’illiquidité (la revente des titres n’est pas garantie, elle peut être incertaine voire impossible.
Le remboursement des obligations n’est pas garanti, il peut être incertain voire impossible et le retour sur investissement dépend de la réussite du projet financé.
La Plateforme GWENNEG ne garantit pas vos investissements en capital ou en obligations.
L’investisseur n’est pas couvert par le système de garantie des dépôts (directive 2014/49/UE) et les titres pouvant être acquis via la plateforme GwenneG ne sont pas couverts par le système d’indemnisation des investisseurs (directive 97/9/CE).
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